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Les animaux dans la mythologie, la religion et la culture

 
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icare38
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MessagePosté le: Ven 23 Fév 2007 - 09:25    Sujet du message: Les animaux dans la mythologie, la religion et la culture Répondre en citant

Bonjour à tous et toutes !


J'ouvre ce post pour vous parler un peu du rôle très important des animaux dans la mythologie, dans la symbolique religieuse et dans les croyances populaires.

Pour commencer, j'ai pensé que le meilleur sujet d'étude serait notre emblème national : le COQ !

La France n'est pas le seul pays a avoir choisi ce beau gallinacé comme symbole, mais j'aborderai cet aspect là ultérieurement.

A quand remonte le choix du coq comme symbole national français ? A l'époque de la Gaule me direz-vous, puisque l'on parle sans cesse du "Coq Gaulois" ! Oui, mais … ce n'est pas aussi simple.

Pour comprendre un peu mieux pourquoi et comment ce bel oiseau est devenu si important pour nous, il faut remonter le temps, et se promener non seulement à travers les siècles mais à travers les continents …


Le coq est un lève-tôt, et il nous le fait savoir sans aucune discrétion !
Dès la plus haute antiquité, ce fait lui a valu d'être considéré comme celui qui avait le don de faire se lever le soleil.
C'est ainsi que, très tôt, il a été l'objet d'un culte dans toute l'Asie Mineure.

En Chaldée, on pensait que c'était un influx divin quotidien qui insufflait au coq la force de chanter si fort, et avant tous les autres.

En Grèce, le coq blanc était consacré à plusieurs dieux solaires et lunaires (Zeus, Helios, Artemis, Asclepios, Athena, …)

Le coq était l'oiseau d'Asclepios - dieu de la médecine vénéré à Epidaure, où il était souvent représenté en opposition au mortel serpent, silencieux et sournois.
On peut encore, de nos jours, observer une telle représentation sur le blason de la Faculté de Médecine de Lyon (France).

Dès le VIème siècle av. J.C. le coq est représenté sur des pièces de monnaie grecque, sur des monuments protohistoriques de la Gaule, sur la céramique Cyrénéenne, sur des objets précieux de Babylonie, d'Extrême-Orient et d'Inde.
Egyptiens, Grecs et Romains donnèrent à leurs lampes la forme de coqs.
Et on a découvert, dans des tombes, des bijoux en forme de coqs.

Philosophes et savants avaient des avis divergents au sujet du chanteur matinal :
- Pythagore (philosophe et mathématicien grec - vers 570 à vers 480 av. J.C.) recommandait "nourrissez le coq et ne l'immolez pas, car il est consacré au soleil et à la lune" …
- Par contre, Socrate (philosophe grec - vers 470 à vers 399 av. J.C.), tout près de mourir, demanda à son disciple Criton de sacrifier un coq à Asclepios, dieu de la médecine.

Cette symbolique solaire fut adoptée par les romains, mais ne s'est pas limitée à l'Asie Mineure. On peut la retrouver jusqu'en Inde, où le coq est l'attribut de Skanda qui personnifie l'énergie solaire, et au Japon où le chant du coq, associé à ceux des dieux, fait sortir Amaterasu - déesse solaire - de sa caverne.

Avant que les horloges ne fassent leur apparition, le soleil était seul à rythmer la vie quotidienne.
Il était donc légitime d'associer le coq au temps.
Cette association perdure encore de nos jours, puisqu'on peut contempler des coqs sur des horloges astronomiques (Strasbourg, Lyon, Beauvais, Prague, Paris, …)


Mais le coq n'est pas seulement un symbole solaire ! Ses facultés de chanteur matinal lui ont également valu d'être considéré comme vigilent et obstiné.

A cette époque (et jusqu'à très récemment), des combats de coqs étaient organisés. Son ardeur au combat lui a valu une réputation de grand courage.
C'est ainsi que le roi de Crète - Idoménée - avait fait peindre un coq sur son bouclier.
Quant au chef grec Thémistocle, il exhortait ses soldats à se battre avec l'énergie des coqs.

Enfin, notre beau chanteur a également la réputation d'être un amoureux qui se donne sans compter à toutes les poulettes du secteur, d'où les expressions "faire le coq" ou "être le coq du village".
C'est ce qui valut à notre fougueux amoureux d'être la victime de sacrifices en l'honneur du dieu Priape - dieu gréco-romain de la fertilité, de la fécondité et de la virilité physique.


Mais une si belle réputation n'a pas que des avantages …

Le coq, si proche des dieux, devait connaître leurs volontés. Et c'est dans ses entrailles ouvertes que les hommes tentèrent de les découvrir. Ainsi fut-il l'innocente victime de sa trop bonne réputation.

Les humains crurent également que ses entrailles renfermaient une pierre magique, la "pierre alectorienne", capable de donner courage, audace et vigueur. C'est ainsi que l'on attribua à la pierre alectorienne, la capacité de Milan de Crotone de tuer un taureau avec son seul poing.

Cette croyance a perduré longtemps, puisqu'un archevêque de Rennes - Marbode, décédé en 1123, rappelle les qualités de la fameuse pierre en y ajoutant l'éloquence aux orateurs et la fidélité aux époux !



A suivre ...
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MessagePosté le: Ven 23 Fév 2007 - 09:25    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 23 Fév 2007 - 09:27    Sujet du message: Les animaux dans la mythologie, la religion et la culture Répondre en citant

D'après tout ce qui précède, on peut raisonnablement supposer que nos ancêtres les Gaulois, eux aussi, vénéraient le coq … Eh bien, rien n'est moins sûr !
Alors, pourquoi parle-t-on si couramment du "Coq Gaulois" ?

En latin, "gallus" signifie aussi bien "coq" que "gaulois". Et c'est pourquoi dans la mémoire populaire, les 2 mots ont été irrémédiablement associés, faisant du coq l'emblème d'une nation gauloise qui n'a jamais existé dans l'histoire, tout au plus s'agissait-il d'une vague confédération de peuplades !

Néanmoins, depuis bien longtemps, ce magnifique volatile fait partie intégrante de notre histoire au quotidien, par exemple en tant que girouette sur nos clochers, mais également de l'Histoire de la France, dont il est devenu progressivement le symbole national.


A suivre …
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MessagePosté le: Ven 23 Fév 2007 - 09:34    Sujet du message: Les animaux dans la mythologie, la religion et la culture Répondre en citant

Je vais aujourd'hui vous parler de l'évolution, avec des hauts et des bas, de notre p'tit coq national, en tant que symbole de la France.


Au Moyen Age, le coq est un symbole religieux très fort, signe de foi et d'espoir.
Il apparaît en tant que Chanteclerc dans "Le roman de Renart", où il est régulièrement dupé et malmené par le rusé goupil.
Car si, dans l'Antiquité, le coq était un symbole solaire, réputé pour son courage, sa vigilance et son obstination, il n'en est plus ainsi XIIème siècle.
Il n'est que de voir la signification des mots coquart (fanfaron) et coquebert (niais, sot) utilisés à cette époque, pour s'en convaincre.

Il faut déjà prendre conscience que le coq, contrairement aux autres oiseaux, ne vole pas. Au cours de ses déplacements terrestres, il est beaucoup moins rapide que d'autres animaux.
C'est un grand reproducteur, à la voix forte et claire, peu regardant sur son lieu de vie.
Donc, il devient plutôt le symbole de la vie ordinaire, avec son manque d'originalité et toutes ses faiblesses.

Au XIIème siècle, les ennemis de la France vont utiliser le coq qui, bien que n'étant pas encore un symbole national, est tout de même plus ou moins associé à l'image de la France.
Le Coq Gaulois apparaît à la fin du XIIème siècle, dans des textes anglais et germaniques.
Le Romulean fait mention du gallus qui représente "le nombre infini des sots et des fous qui, en toute circonstance, montrent leur imbécillité" !

Le Coq Gaulois est également tourné en dérision dans les prophéties anglaises relatives à la Guerre de Cent Ans, présentant le fier léopard britannique en train de dévaster les lys royaux et de mettre en fuite tous les coqs.

Il en est de même aux XIII et XIVème siècles, dans les prophéties italiennes hostiles à la présence française en Italie. Elles ridiculisent le coq, inverse dérisoire de l'aigle impérial.


Donc, comment un tel animal a-t-il pu devenir un symbole national aussi fort ?

Deux mouvements convergents sont à l'origine de ce choix :
. d'une part, c'est la "redécouverte" par la France de son "histoire gauloise"
. d'autre part, en Italie comme en France, le coq blanc, oiseau de Jupiter et de Mercure est à nouveau célébré

C'est ainsi que 3 rois de France successifs choisissent le coq blanc comme emblème.

Dans l'Opus Davidicam, dédié à Charles VIII par Jean de Legonissa - moine mendiant italien - apparaissent en page de garde deux coqs blancs soutenant l'Ecu de France, et foulant aux pieds un serpent et un renard.

Louis XII et François Ier firent référence au nom Gallus, dont ils se nommèrent.

Sur une gravure éditée en commémoration de la paix de Crespy (1544), on peut voir les aigles de Charles-Quint tenant dans leurs serres un coq blessé, perdant son sang, au milieu de 3 fleurs de lys.
En 1601, le bon roi Henri utilise cette image pour faire frapper une médaille à l'occasion de la naissance du futur Louis XIII.

Puis c'est au tour de Louis XIV, grand adorateur de l'astre solaire, comme chacun le sait, d'utiliser le coq en tant que symbole solaire. Ainsi on peu le voir figurer dans la Galerie des Glaces du château de Versailles, mêlé aux fleurs de lys, symboles de la royauté.

Pour commémorer la délivrance du Quesnoy, une médaille officielle est frappée, représentant le coq gaulois, perché sur un olivier et mettant en fuite le lion de Flandre.

C'est au moment de la révolution qu'il prend son essor !
Comme dans l'Antiquité, il redevient le symbole de la vigilance.

En 1804, Napoléon estimant que "Le coq n'a point de force, il ne peut être l'image d'un empire tel que la France !" adopte l'aigle comme symbole de sa personne et de son empire.

A la suite de quoi, en 1830, le lieutenant général, duc d'Orléans et futur Louis-Philippe, signe une ordonnance imposant le coq gaulois sur les drapeaux et les boutons des uniformes de la Garde Nationale.

Au cours de la IIe République, le sceau de l'Etat représente la Liberté assise, tenant un gouvernail marqué d'un coq. Mais l'aigle continue également à être utilisé.

Sous la IIIème République, on peu le retrouver sur certaines pièces de monnaie, mais surtout il fait son apparition sur l'une des grilles du Palais de l'Elysée.

Au cours de la 1ere Guerre Mondiale, le coq - symbole du patriotisme - va représenter la résistance, face à l'aigle prussien.

De nos jours, bien que restant un symbole national extrêmement fort dans les esprits, il n'est plus le symbole officiel de la France, remplacé par une femme coiffée d'un bonnet phrygien, prénommée … Marianne !

Bisous à vous tous et toutes, les forumeurs de Nanar !
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MessagePosté le: Ven 23 Fév 2007 - 09:40    Sujet du message: Les animaux dans la mythologie, la religion et la culture Répondre en citant

Pourquoi un coq sur les clochers ?

Plusieurs théories ont été émises à propos de cette présence, si familière de nos jours, mais aucune preuve ne vient confirmer ou infirmer ces théories.

D'aucuns pensent que la présence de coqs sur les clochers est liée au reniement de Saint-Pierre. Ce dernier, hanté par le remord et ne pouvant plus supporter les coqs, expédia un vigoureux coup de pied à l'un d'entre eux, qui se retrouva fiché en haut d'un clocher.

D'autres supposent que Saint-Pierre souhaitait que des coqs figurent en haut des clochers, afin qu'ils lui rappellent sans cesse sa faute.

Il est vraisemblable qu'il ne s'agit là que de légendes.


Une autre hypothèse semble plus plausible …

Avant l'apparition des cloches, aux environs du Vème siècle, les premiers Chrétiens se réunissaient au chant du coq pour leur prière matinale.
Ce serait en signe de gratitude qu'on l'aurait mis sur les clochers.

Ce qui est certain, c'est que la symbolique chrétienne associe le coq au Christ, faisant un parallèle entre le coq qui annonce une nouvelle journée et le Christ qui annonce une nouvelle ère.
Il est également le symbole de la vigilance face aux tentations.

On a pu remarquer sur de vieilles estampes représentant les instruments de la Passion, un coq toujours perché sur une colonne. Il en va de même sur un certain nombre de monuments chrétiens. Installer un coq sur un clocher peut être une transposition du coq sur la colonne.


Mais à quand remonte cette tradition de mettre des coqs-girouettes sur les clochers ?

C'est au IXème siècle que Rampert - évêque de Brescia, fait installer un coq en cuivre doré sur le clocher de sa cathédrale, inspiré par le reniement de Saint-Pierre. A la suite de quoi, le Pape Léon IV fait installer, lui aussi, un coq au sommet de la basilique Saint-Pierre.
A son tour, l'Occident Chrétien fait installer des coqs sur ses églises.

Au Xème siècle, le poète anglais Wolstan mentionne le coq de la cathédrale de Winchester.

En France, on peut découvrir dans la Vieille chronique de Coutances, qu'en 1091 le coq de la cathédrale a été frappé par la foudre.


Autre remarque non dénuée d'intérêt …

On a pu constater que l'intérieur des coqs de clochers renfermait souvent des reliques.
Le coq de Notre-Dame de Paris, remis en état il y a quelques années, contenait également des ossements.
On peut supposer que les ossements appartenaient à quelques saints locaux, et qu'ils étaient enfermés dans le coq pour attirer leur protection sur la cité.


Bonne journée à tous et toutes

Bisous 2
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:17    Sujet du message: Les animaux dans la mythologie, la religion et la culture

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