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LE MAKHILA

 
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MessagePosté le: Ven 11 Jan 2008 - 20:35    Sujet du message: LE MAKHILA Répondre en citant

LE MAKHILA

Savez-vous ce qu’est un Makhila ? Non ? Et bien lisez ce qui suit et vous serez renseignés.

Le makhila est le
bâton de marche du Basque et non un bâton de berger, qui était généralement remis à l'adolescent pour marquer son entrée dans le monde adulte. Sa vocation défensive vient probablement du temps où les anciens Basques avaient un fort goût pour les lances, demi-piques et dards divers. Dans les temps plus récents et plus pacifiques, les Basques se dotèrent d'une canne robuste, pratique et bien équilibrée, mais aussi d'un compagnon de route, la pointe du makhila étant alors disponible en cas de coup dur. Le makhila est un objet usuel personnel dont la longueur doit être adaptée à la taille de la personne. Il peut aussi être offert en signe d'honneur.
Le makhila est constitué de plusieurs éléments :
• le bâton est en néflier
• les viroles sont faites de différents métaux (laiton, maillechort, argent ou or).
• la poignée est gainée de lanières de cuir tressées ou tout en métal
• la dragonne est faite en cuir
• le pommeau en corne ou en métal façonné au marteau.
• en dévissant cette poignée, on découvre l'arme, faite d'une pointe en acier
• le bas se termine par un trèfle.
• le makila porte, gravé, le nom de son propriétaire, un proverbe ou un symbole.

Objet honorifique
Le makhila symbolise une façon de vivre, de penser et d'honorer. Chaque pièce est unique et personnalisée par l'inscription sur le pommeau du nom, du prénom et de la devise du propriétaire, traduite en basque. D'innombrables makhilas d'honneur ont été fabriqués dans l'atelier basque et offerts aux plus grandes personnalités, parmi lesquelles :
• les Papes Benoît XV, Pie X et Jean-Paul II
• les présidents de Gaulle, Reagan, Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand, Chirac
• les maréchaux Joffre, Foch, Pétain, Montgomery
• des souverains : le roi Boris III de Bulgarie, la reine Wilhelmine des Pays-Bas, le roi Baudouin Ier de Belgique etc.


• Il est partout, traditionnellement derrière chaque porte de chambre dans toutes les maisons basques. J'en ai même vu accrochés derrière les portes de bergeries ou d'abris de montagne ouverts à tout vents et quasi abandonnés plusieurs mois par an. Personne ne les vole et pour cause : on ne doit jamais acquérir son Makhila, voler ou même simplement acheter, cela porte malheur. Il faut se le faire offrir.
• Le makila est mentionné par le moine Aymeri Picaud dans son ouvrage Liber Peregrinationis en 1134.
• Le Makhila est un bâton de néflier scarifié sur pied cachant une longue pointe (usage en bâton de berger mais pas seulement) en acier forgé dans sa poignée qui se dévisse et dont l'autre extrémité est lourdement plombée. Ajouté à la souplesse et la résistance du bois de néflier, c'est un véritable "casse tête".
• En ces temps troublés où il était nécessaire d'être toujours sur la défensive, le basque se déplaçait avec le parapluie accroché dans le dos au col de sa veste pour avoir les mains libre, prêt à se battre, et le Makhila à la main ou caché dans la jambe du pantalon (car c'est une arme blanche théoriquement interdite de port).
• Peut-être est-il né de la demande de pèlerins vers Saint Jacques de Compostelle d'avoir un bâton de marche bien équilibré, robuste, et qui servirait simultanément à les protéger des malandrins et bandits de grands chemins. En effet, le village de Laressore, où il est toujours fabriqué, se trouve sur une ancienne route de pèlerins vers St-Jacques.
• La contrebande entre la France et l'Espagne ne s'est pas faite sans makhilas, et pas seulement pour traverser les éboulis rocheux et se protéger des serpents avec ce bâton.
• Le Makhila n'est plus fabriqué que par trois familles dont la famille Ainciart Bergara, dans un petit village du Pays Basque, Laressore, pas loin d'Ustaritz où je louait des chevaux pour des randonnées dans le Pays basque. Espelette non plus n'est pas loin, avec ses piments en AOC.
Fabrication
La phase initiale consiste en la recherche, en forêt, de néfliers (Mespilus germanica). Cet arbuste d'environ 3 mètres donne un bois à pousse lente, très dense et à grains très fin qui sera pratiquement incassable tout en ayant une certaine souplesse et en prenant avec l'âge une magnifique patine. Les branches susceptibles de faire un beau fût de Makhila sont alors scarifiées (blessées) à la main à l'aide d'outils tranchants type scalpels et pointes. Ces blessures vont laisser des cicatrices en relief. Les "dessins", formes serpentiformes, pointillisme etc... sont peut-être symbolique, ce qui ne nous a pas été révélé. Bien entendu, lorsque j'ai demandé à voir ces néfliers sur pied, il m'a tout de suite été répondu que les coins étaient secrets (comme les coins à champignons).
• Les scarifications ont lieu au printemps, en pleine sève, à des moments précis de la lunaison. Le néflier poursuit ensuite sa croissance et les prélèvements auront lieu au solstice d'hiver, en pleine dormance du bois dont la sève s'est retiré.
• Les bois sont alors écorcés ce qui révèle les cicatrices des scarifications. Ils sont ensuite redressés à chaud, opération délicate requérant beaucoup de savoir-faire et d'expérience.
• Les bois vont alors sécher plusieurs années (couramment 10 ans) puis ils sont teintés.
• Commence enfin la phase d'assemblage des diverses pièces constituant le Makhila avec une recherche d'équilibre en main du bâton et d'harmonie, d'élégance, de l'objet. Chaque Makhila se voit confectionner des pièces sur mesure, entre autre en fonction de son diamètre, et il n'y a pas 2 Makhila identiques. Chaque Makhila est fait sur mesure pour la personne à qui on l'offre et il est donc nécessaire de connaître le poids et la taille de cette personne. La longueur du Makhila sera de la longueur du bras de celui qui le munipule (mais aujourd'hui une tendance à la normalisation autour de 90 cm de long se dessine).
• La longue pointe en acier forgé est sertie à l'extrémité la plus fine (la mienne fait, par exemple, environ 12 cm de long), extrémité renforcée par un manchon (une douille) en laiton ajusté à chaud. La pointe est doté à sa base d'un filetage sur lequel se visse la poignée. La poignée est gainée de cuir tressé ce qui assure une excellente préhension même avec des mains moites ou mouillées ou boueuses ou sanguinolantes. Elle se termine par un pommeau en corne (de buffle d'Afrique). Certains Makhilas offerts à des personnalités (le Pape, des Présidents de Républiques etc...) reçoivent un pommeau d'argent ou d'or ou de cristal etc... et la poignée peut être de métal plus ou moins ouvragé (les gravures n'étant pas seulement décoratives mais participant à la préhension). Enfin une dragonne assure le Makhila au poignet.
• Le bas du Makhila se termine par une férule forgée en "trèfle" qui permet une bonne accroche dans les chemins terreux ou caillouteux. Ce "trèfle" le plombe lourdement et en fait une "casse-tête". Cette extrémité est aussi renforcée par un manchon (une douille) ajusté à chaud, en laiton et gravé. Traditionnellement, le "trèfle" est enfoncé au travers d'une pièce de monnaie percée (symbole ou tout bêtement sens pratique ?) disposée entre la férule et la douille et qui termine et protège l'extrémité du fût.
• Les différentes pièces métalliques (manchons, viroles...) sont, sur les makhilas de prestige, d'argent ou d'or.
• La personnalisation se poursuit par la gravure d'une devise choisie par la personne qui offre le Makhila et qui sera traduite en basque (ou par la devise de la famille du futur propriétaire). Sur les pommeaux métalliques, il est possible de graver un chiffre ou un blason (armoiries).






:pointpart:
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La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe
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MessagePosté le: Ven 11 Jan 2008 - 20:35    Sujet du message: Publicité

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