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Marie Curie emportée par la radioactivité

 
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Eilahtan
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MessagePosté le: Ven 4 Juil 2008 - 09:24    Sujet du message: Marie Curie emportée par la radioactivité Répondre en citant

Le 4 juillet 1934, dans un sanatorium de Haute-Savoie mourait une femme de 67 ans affaiblie par une leucémie, victime de sa passion à vouloir déchiffrer le monde. «Dans la vie, rien n'est à craindre, tout est à comprendre», disait-elle. Marie Curie s'éteignait après une vie scientifique particulièrement riche. Les éléments radioactifs tels que le radium, qu'elle a découverts et étudiés, auront finalement eu raison d'elle.

Amère et glorieuse revanche, son nom d'épouse, Curie, a été attaché à une méthode, la curiethérapie, utilisée pour guérir certains cancers dont les cellules malignes sont détruites par les radiations. Le nom de Curie a été aussi attaché à une unité de mesure correspondant à l'activité d'un gramme de radium ; elle est remplacée maintenant par le Becquerel (une désintégration par seconde).

Pierre et Marie Curie Marie Curie a été la première personne à avoir eu deux prix Nobel (à ce jour, trois hommes sont aussi dans ce cas et aucune autre femme) :

– elle a d'abord partagé la moitié du prix Nobel de physique de 1903 avec son mari Pierre «en reconnaissance des services extraordinaires rendus par leurs recherches conjointes sur le phénomène radioactif découvert par Henri Becquerel» ; Henri Becquerel a lui-même reçu l'autre moitié du prix «en reconnaissance des services extraordinaires rendus pour sa découverte de la radioactivité spontanée» en 1896.

– en 1911, elle a reçu le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur l'isolement du radium.

Marie Curie, qui a formé des dizaines de chercheurs du monde entier, y compris ses propres enfants, jouit d'une renommée mondiale. Le 20 avril 1995, sa dépouille et celle de son mari ont eu les honneurs du Panthéon, faisant d'elle la première femme à y reposer en raison de ses mérites.




Étudiante polonaise à Paris


Née Sklodowska le 7 novembre 1867 à Varsovie, Marie est le cinquième enfant d'un couple d'enseignants. Varsovie et une partie de la Pologne sont alors sous occupation russe.

La vie est dure pour la famille Sklodowska ; pour améliorer ses ressources, le couple héberge d'autres personnes dans son logement, ce qui sera fatal à la mère de Marie et à l'une de ses sœurs, contaminées par le typhus.

Marie, cependant, ne se laisse pas abattre. A 17 ans, elle donne déjà des cours de mathématiques et assouvit sa soif de connaissance à l'«université volante», un enseignement clandestin donné par des intellectuels polonais dans différentes disciplines. Elle part pour Cracovie, sous occupation austro-hongroise.

Sa soeur aînée Bronya souhaite faire des études supérieures de médecine, interdites aux femmes en Pologne. Elle s'expatrie donc en France. Marie l'aide financièrement en devenant préceptrice. A charge de revanche ! Cinq ans plus tard, Bronya, devenue médecin et ayant épousé un médecin lui aussi polonais, lui propose de l'héberger à Paris où elle arrive en septembre 1891. Elle a 24 ans.

Elle s'inscrit à la Sorbonne où elle suit les cours de physique et de mathématiques tout en perfectionnant son français. L'appartement de sa sœur, cabinet médical et point de ralliement des Polonais exilés, est trop bruyant pour Marie et un peu éloigné de la Sorbonne. Elle investit une chambre de bonne à proximité. Elle se sent alors vraiment libre d'étudier et a la chance de côtoyer les plus grands noms de la science : Brilloin, Painlevé, Lippmann, Appell.

Au bout de seulement deux ans, Marie décroche une première place en licence de physique et, par la même occasion,une bourse du gouvernement polonais pour faire une licence de mathématique (elle sera classée deuxième). En même temps, elle entame des recherches sur les aciers dans le laboratoire du professeur Lippmann.

C'est un premier contact avec la matière : elle manipule des minerais, des instruments de mesure et a besoin de place, ce qui lui donne l'occasion de faire connaissance au printemps 1894 avec Pierre Curie (35 ans). Il lui procure un local à l'École de Physique et Chimie de Paris où il est professeur et déjà connu pour avoir découvert la piézoélectricité avec son frère Jacques.


Rencontre de Pierre et Marie


Pierre et Marie se marient en juillet 1895. Leur union sera brusquement interrompue au bout de 11 ans par la mort tragique de Pierre, renversé par une voiture à cheval. Entre temps seront nées deux filles, Irène, qui recevra le Prix Nobel de chimie 1935 avec son mari Frédéric Joliot, et Ève.


– 1895 : découverte de la radioactivité

Marie poursuit ses recherches sur les aciers dans le laboratoire de Pierre, qui soutient sa thèse cette même année sur les relations entre propriétés magnétiques et température (loi et point de Curie). En parallèle, elle prépare l'agrégation d'enseignement qu'elle décroche brillamment (1ère) en 1896. La naissance d'Irène, le 12 septembre 1897, n'interrompt pas ses travaux !

Elle entame une thèse sur les rayons uraniques découverts par Henri Becquerel quelques mois plus tôt, en mars 1896, à l'occasion de travaux sur la phosphorescence suggérés par Henri Poincaré.

Il ne faut pas oublier que la physique est dans ces années-là en pleine ébullition : Hertz établit les ondes radio en 1886, Marconi et Popov sont à l'origine de la radiodiffusion dès 1896, et la même année, Röntgen publie sa découverte des rayons X et immédiatement appliqués en radiologie. Cela fait beaucoup de radiations!

Dès le début de sa thèse, Marie Curie confirme les travaux de Henri Becquerel et étend ses résultats. Elle montre que les sels de thorium émettent aussi des rayons qui noircissent les plaques photographiques. Elle montre aussi que le rayonnement est une propriété intrinsèque de l'élément uranium puisque son intensité est fonction de la quantité de cet élément, indépendamment des combinaisons dans lesquelles il est engagé.

Elle étudie différents minerais comme la pechblende, la chalcolite et constate que certains minéraux sont plus actifs que l'uranium. Elle en déduit donc qu'il existe d'autres éléments, inconnus, encore plus «radioactifs», un mot qu'elle invente pour l'occasion. Pierre se met alors à travailler avec Marie. L'activité des échantillons est ainsi mesurée grâce à l'électroscope qu'il a développé. Très vite c'est la découverte du polonium en juillet 1898 (identifié par spectroscopie) puis du radium en décembre, un vrai cadeau de Noël.

Le couple se lance alors dans un travail d'extraction et de purification à partir de pechblende, Marie se réservant la partie chimie, Pierre la caractérisation des échantillons.


1903 : un Nobel médiatique


Marie Curie parvient enfin à isoler 0,1 g de chlorure de radium à partir d'une tonne de minerai et soutient sa thèse le 25 juin 1903. Le Prix Nobel de physique vient récompenser ses efforts et ceux de son mari à la fin de la même année. Elle a 36 ans.

Ni elle ni son mari ne se déplaceront pas pour recevoir leur prix car ils sont épuisés par leurs recherches (et sans doute la radioactivité) et ne veulent pas délaisser leurs enseignements... Marie Curie, qui n'est pas plus rémunérée que Pierre pour ses travaux de recherche, enseigne en effet depuis 1900 à temps partiel à l'École Normale Supérieure de filles de Sèvres !

Pour la première fois, l'opinion publique s'intéresse au prix Nobel : pensez donc ! Il récompense une femme et, en plus, une idylle puisque son mari y est associé. De plus leurs travaux sont visibles : le radium scintille spontanément dans la nuit. Tous les ingrédients sont là pour faire la une des journaux...

La deuxième fille du couple, Ève, naît l'année suivante.

La recherche dévore les époux. Ils ne prennent pas de précaution dans la manipulation des sels de radium. Pierre se promène souvent avec un échantillon sur lui. Il pose même un sel de radium sur le bras pendant une dizaine d'heures pour observer les effets (brûlure radiologique. De là lui vient l'idée que la radioactivité pourrait être utilisée dans le traitement des cancers !

Les industriels américains se montrent intéressés et se lancent dans l'extraction du radium. Les Curie, cependant, dédaignent de breveter leurs résultats. Mieux, ils conseillent les industriels sur le procédé.


Le temps de la solitude


– 1906 : année tragique

Pierre disparaît le 19 avril 1906. Dès le 1er mai, Marie reprend à la Sorbonne le cours de Pierre dans la chaire de physique et devient ainsi la première enseignante de l'enseignement supérieur.
Mais Lord Kelvin met en doute le fait que le radium est un élément. C'est peut-être le déclencheur du second prix Nobel. Piquée au vif par l'éminent contradicteur, elle se lance dans l'isolement du radium pur (c'est un métal), ce qu'elle réalise en 1910 avec son assistant André Debierne (qui découvrira l'actinium).

Marie Curie dans son laboratoire Le prix Nobel de chimie 1911 récompensera ces travaux d'extraction chimique et la détermination de la masse atomique du radium. Mais cette année est aussi noire pour Marie. Proposée pour entrer à l'Académie des Sciences, elle fait l'objet d'attaques dans la presse de droite (Léon Daudet et l'Action française). Après 58 tours (!), c'est finalement Édouard Branly qui est élu à l'Académie. Les deux scientifiques en resteront meurtris.

Alors qu'elle se rend à un congrès Solvay (la seule femme au milieu de la crème des physiciens) en Belgique en novembre, c'est sa relation avec Paul Langevin, affaire purement privée, qui est montée en épingle par le même Léon Daudet et la presse antisémite (L'Oeuvre), toujours prête à fustiger l'étranger(ère). A tel point que le comité Nobel suggère à Marie Curie de refuser son prix ! Mais Marie Curie ira bien à Stockholm recevoir son prix et prononcer son discours. Tout cela l'affecte gravement et elle mettra un an à se remettre de ces bassesses.



– 1914 : au service de l'humanité

En 1914 est construit l'institut du radium (aujourd'hui institut Curie) à Paris, sur la montagne Sainte-Geneviève, non loin du hangar historique de l'ESPCI.

L'idée de cet institut pluridisciplinaire destiné à développer de nouvelles techniques thérapeutiques remonte à 1909, quand l'université de Paris et l'institut Pasteur voulaient offrir un laboratoire à Marie Curie. Celle-ci doit en diriger un département mais la déclaration de guerre bouleverse ses projets.

Désireuse de mettre les dernières avancées de la science au service des combattants, Marie Curie imagine un équipement radiologique mobile (les «petites Curie») : une voiture, un appareil à rayons X, un médecin, un chauffeur. Ces véhicules permettent aux chirurgiens qui travaillent sur le front de localiser les éclats d'obus et d'opérer à bon escient.

Une vingtaine de voitures et près de 200 installations fixes sont bientôt opérationnelles. Marie Curie conduit elle-même l'une des voitures, forme les opérateurs radiologiques et dirige le service radiologique des armées. Sa fille Irène participe à l'aventure.

La paix revenue, l'institut du radium qui associe physique, chimie, biologie et médecine, peut enfin prendre son envol... mais le gouvernement ne le soutient guère. De plus, il n'y a en France qu'environ un gramme de radium. Évoquant ses difficultés financières en mai 1920 devant la journaliste américaine Marie Mattingley-Meloney (dite «Missy»), celle-ci monte une grande campagne de collecte de fonds auprès des femmes américaines ainsi offrir un gramme de radium à Marie Curie .

En quelques mois, 100.000 dollars sont collectés et permettent d'acquérir un gramme de radium (sur un total d'environ 50 grammes dont disposent alors les États-Unis). Au printemps 1921, Marie Curie et ses deux filles vont aux États-Unis recevoir symboliquement ce cadeau des mains du président américain Warren G. Harding (20 mai). Il s'ensuit une tournée de près de deux mois à travers le pays, pendant laquelle Marie Curie reçoit de nombreuses distinctions.

Après ce tourbillon d'enthousiasme, il ne se trouve qu'un jeune chercheur pour accueillir Marie Curie à son retour à Paris le 2 juillet ! Il est vrai que les autorités et les citoyens sont bien plus intéressés par la retransmission, au même moment, du match de boxe Carpentier -Dempsey...

La générosité américaine est à nouveau sollicitée en 1929 par Missy et Marie Curie pour fournir un gramme à un institut de recherche en cours de création à Varsovie.

Dans la décennie 1920-30, les applications médicales du radium et de la roentgenthérapie se développent rapidement en France. Marie Curie poursuit ses recherches dans son institut jusqu'à ce que la maladie la rattrape.





Sources : http://www.herodote.net
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Nathalie



La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui
Article IV - déclaration des droits de l'homme et du citoyen 1789
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MessagePosté le: Ven 4 Juil 2008 - 09:24    Sujet du message: Publicité

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