Le forum des p'tits belges Index du Forum

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 
 
 
Bombardement de Sarajevo

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le forum des p'tits belges Index du Forum -> LE COIN DES CHRONIQUEURS -> Articles Culturels -> Histoire et Biographies
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Eilahtan
Expert
Expert

Hors ligne

Inscrit le: 12 Fév 2007
Messages: 9 691
Localisation: Lille
Anniversaire: 05/02/1960
Prénom: Nath

MessagePosté le: Lun 6 Avr 2009 - 09:43    Sujet du message: Bombardement de Sarajevo Répondre en citant

Le 6 avril 1992 commence le siège de la ville de Sarajevo par l'armée serbe. Le même jour, la Communauté européenne reconnaît l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine, une république de la Fédération yougoslave dont Sarajevo est la capitale. C'est le début de la guerre de Bosnie, qui va endeuiller l'Europe et renouer avec les mauvais souvenirs des deux guerres mondiales.
André Larané.


Les origines de la guerre


En 1986, un groupe d'académiciens de Belgrade publie un appel pour souhaiter que les Serbes retrouvent au sein de la Yougoslavie l'hégémonie auxquels ils auraient droit en vertu de leur rôle historique dans la résistance à l'occupant turc ou allemand.

Milosevic, chef du parti communiste de la République fédérative de Serbie, enfourche les thèses nationalistes dès 1987 pour conquérir le coeur des foules, accéder au pouvoir absolu et le conserver.
La Serbie enterre la Fédération yougoslave

Le 23 mars 1989, Milosevic abolit unilatéralement l'autonomie dont jouissait la province serbe du Kossovo, à l'égal des Républiques fédératives yougoslaves (Croatie, Bosnie-Herzégovine, Slovénie, Macédoine, Monténégro, Serbie). Il abolit également l'autonomie de la Voïvodine, une autre province de la République fédérative de Serbie qui compte 300.000 Hongrois.

Le 28 juin 1989, à l'occasion du 600e anniversaire de la bataille du Champ du Merle, un million de Serbes, soit le cinquième de la population adulte (!), font un triomphe à Milosevic lorsqu'il annonce un programme de «reconquête» du Kossovo. Les 200.000 Serbes du Kossovo, qui s'inquiètent de leur marginalisation face à près de 2 millions de musulmans de langue albanaise, se montrent les plus fidèles soutiens de Milosevic.

Les autres républiques de la Fédération, plus ouvertes sur l'Occident, s'inquiètent de la dérive guerrière de la Serbie. En mai 1991 se produisent de premiers incidents sanglants entre Serbes et Croates. Le 13 juin, l'armée yougoslave, que dominent les Serbes, entame les premiers tirs d'artillerie en Slavonie (Croatie), dans la région de Vukovar. C'est le début effectif de la guerre.

Le 25 juin 1991, les Croates et les Slovènes proclament leur «désassociation» de la Fédération yougoslave. Sur les instances de la Communauté européenne, ils acceptent de surseoir à leur indépendance pendant trois mois à condition que les Serbes reviennent à une conception équitable des rapports fédéraux.

Leurs attentes sont trahies dès le 1er juillet suivant quand, le Croate Stipe Mesic ayant été légalement porté à la présidence de la Fédération yougoslave, la Serbie refuse de reconnaître son autorité !
Slovénie et Croatie prennent le large

Le 3 juillet 1991, les Slovènes, qui habitent au nord du pays, se heurtent à l'armée fédérale et la chassent de leur territoire. Ils deviennent de facto indépendants. Les Croates ont moins de chance. Ils doivent faire face à une invasion en règle de l'armée fédérale, soutenue par les miliciens originaires de Krajina, une région de Croatie à population majoritairement serbe.

Les positions se radicalisent. Pour se défendre, les Croates font appel à un homme énergique, le général Franjo Tudjman. Il s'agit d'un nationaliste croate qui fut en d'autres temps proche des extrémistes Oustachis.

Le 7 octobre, Mesic, vaincu par l'obstruction des Serbes, démissionne de la présidence yougoslave. De ce jour, la Fédération a cessé de vivre... Dans cette affaire, faut-il le rappeler ? Milosevic bénéficie d'une étonnante mansuétude de la part des Européens et en particulier du président français, François Mitterrand, lequel devient célèbre pour une phrase d'anthologie : «Il ne faut pas ajouter la guerre à la guerre !»

L'armée serbe entame le siège brutal de la ville croate de Vukovar. La ville tombe le 18 novembre. Avec le concours des milices paramilitaires, l'armée commence à vider les provinces conquises de leurs populations allogènes (Croates, musulmans bosniaques, Hongrois,...).

Le 15 janvier 1992, la Communauté européenne se résout à reconnaître l'indépendance de la Croatie et de la Slovénie à défaut de pouvoir les défendre. La petite et misérable république de Macédoine, au sud de la Yougoslavie, devient entre-temps indépendante dans l'indifférence générale.
La Bosnie-Herzégovine dans la tourmente

Chacun attend le tour de la Bosnie-Herzégovine. Cette république est une Yougoslavie en réduction, avec une population qui se partage à parts presque égales entre musulmans de langue serbo-croate, Croates catholiques et Serbes orthodoxes. À Sarajevo même, on ne compte plus les mariages intercommunautaires et la cohabitation paraît aller de soi... jusqu'au 28 mars 1992, quand des nationalistes serbes proclament une République serbe de Bosnie-Herzégovine.

Le 6 avril 1992, tandis que la Communauté européenne reconnaît l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine, la capitale de la république est le théâtre d'une grande manifestation pacifique. Des milliers de Bosniaques brandissent à Sarajevo le portrait du défunt Tito et en appellent à la tolérance. Mais des franc-tireurs à la solde d'un psychiatre ultranationaliste, Radovan Karadzic, tirent dans la foule. La première victime est une étudiante de 24 ans, Suada Dilberovic. Elle tombe sur le pont qui porte aujourd'hui son nom. Alors commence le long siège de Sarajevo par l'armée serbe de Milosevic. Il va faire 12.000 victimes parmi les habitants dans les trois ans qui suivent.

La guerre de Bosnie se traduit par des cruautés sans nom. Les Serbes ouvrent des camps de concentration et systématisent la terreur. Les Musulmans et les Croates leur rendent la pareille. On évalue à 100.000 le nombre de morts de cette guerre sur une population de 4 millions d'habitants. La moitié de la population est déplacée ou exilée.

C'est de l'ouest que va surgir l'espoir avec l'élection de Jacques Chirac à la présidence de la République française ! Rompant avec la mansuétude de son prédécesseur à l'égard du président serbe Milosevic, le président prend fait et cause pour les Bosniaques et propose la création d'une Force de réaction rapide. Celle-ci est créée par l'ONU le 15 juin 1998 et intervient dès juillet en Bosnie contre les Serbes. L'OTAN elle-même engage des frappes aériennes brutales sur la Serbie, en représailles de l'agression jusqu'au 14 septembre 1995. À ce moment, les Serbes doivent reconnaître leur défaite

Les accords conclus à Dayton (Ohio, États-Unis) en novembre 1995, sous l'égide du président américain, déboucheront sur un fragile partage de la république bosniaque entre Serbes d'un côté et Croato-Musulmans de l'autre.
Vers la «petite Serbie»

Après avoir perdu les guerres de Croatie et de Bosnie, les Serbes sont expulsés de terres où ils vivaient en paix depuis plusieurs siècles (ainsi de la Krajina croate). La faillite de la «Grande Serbie» a des effets contrastés sur le Monténégro et la Serbie :
Monténégro résistant

Le Monténégro partage la langue, la culture et la religion du grand frère serbe (10 millions d'habitants). Mais ce petit pays de 600.000 habitants est plus ouvert aux idées occidentales du fait de sa façade maritime. Il est aussi fier d'avoir conservé son indépendance face à l'ennemi ottoman tout au long des siècles... Les désertions et les refus d'incorporation se multiplient dans sa jeunesse mais Milosevic affecte l'indifférence car il a d'autres priorités que la remise au pas de la petite république.

Le Monténégro s'émancipe en catimini grâce à l'habileté de son président, Djukanovic. Il attendra le référendum du 21 mai 2006 pour reprendre son indépendance, perdue au lendemain de la Première Guerre mondiale.

Serbie soumise

En Serbie même, la majorité des habitants resserrent les rangs autour de Milosevic pour oublier la faillite de leur guerre en Croatie et en Bosnie ainsi que l'implication massive des milices et de l'armée dans le «nettoyage ethnique». Les élections législatives de 1998 confortent le pouvoir de Milosevic en Serbie et offrent même une légitimité électorale aux criminels de guerre Arkan et Seselj.
Réveil kossovar

Rassuré sur son pouvoir, Milosevic peut alors tourner son regard vers le Kossovo, une province montagneuse à peine plus grande que la Corse mais dix fois plus peuplée (2 millions d'habitants sur 10.000 km2)....

Pendant les guerres de Croatie et de Bosnie, les Kossovars, peu désireux de devenir indépendants, ont fait le dos rond et enduré sans broncher la politique de «différenciation» mise en oeuvre par les Serbes. C'est ainsi qu'ils ont dû scolariser leurs enfants et se soigner en marge des institutions officielles, aux mains des Serbes.

Les Kossovars ont espéré que la tourmente les épargnerait. Leur leader Ibrahim Rugova a cru que la non-violence triompherait dans son pays comme en Inde quelques décennies plus tôt.

Milosevic frappe le Kossovo en mars 1998 avec une violence jamais encore atteinte depuis le début de la guerre en ex-Yougoslavie. 40.000 policiers serbes ratissent la province et font plus d'une centaine de victimes. L'agression serbe donne corps au mouvement indépendantiste et à la mystérieuse UCK (Armée de Libération du Kossovo).

Au début des troubles, certains bruits courent dans la presse selon lesquels l'UCK est soutenue en sous-main par Milosevic lui-même, qui cherchait des prétextes à son agression contre la province ! Avec la prolongation de la guerre et la multiplication des massacres d'innocents, tant Serbes que Kossovars, l'indépendance devient le seul objectif raisonnable pour les Kossovars.

Le 15 janvier 1999, le massacre de 45 musulmans dans le village de Raçak, dans des conditions troubles, scandalise l'opinion occidentale et entraîne l'ouverture de négociations à Rambouillet. Leur échec conduit l'OTAN à intervenir. Les Occidentaux se prévalent de l'urgence de prévenir des exterminations massives de civils pour envahir le Kossovo sans attendre l'aval de l'ONU. La province devient dès lors un protectorat de l'OTAN, tout en restant nominalement sous la souveraineté serbe.

Le Parlement kossovar proclame unilatéralement l'indépendance du Kossovo le 17 février 2008, au grand dam de l'ONU et de la communauté internationale, soucieux de préserver les droits de la minorité serbe et l'intégrité au moins théorique de la Serbie.

Épilogue


En Serbie, l'espoir renaît avec les élections présidentielles du 24 septembre 2000 qui portent au pouvoir un austère professeur de droit constitutionnel de 56 ans, nationaliste autant qu'anticommuniste, Kostunica. Belgrade explose de joie et le régime national-communiste de Milosevic s'écroule en douceur tandis que son chef doit reconnaître sa défaite électorale. Le 1er avril 2001, Milosevic est incarcéré sous l'inculpation de corruption...

Portrait d'un criminel


Slobodan Milosevic est né le 29 août 1941 à Pozerevac (Serbie), d'un père monténégrin, rongé par la folie, qui se suicidera en 1962 et d'une mère qui se pendra en 1974. La mère de son épouse Mirjana a été fusillée par les résistants, en 1942, sous l'accusation d'avoir livré à la Gestapo son réseau de résistance. Milosevic a lui-même été incarcéré à La Haye (Pays-Bas) après sa chute et il est mort en prison en 2006 sans qu'ait pu aboutir son interminable procès pour crime contre l'humanité devant le Tribunal Pénal International.

Sur l'ascension de Milosevic et son lourd passif familial, on peut lire la biographie parue dans le quotidien Le Monde (vendredi 2 avril 1999).



Bibliographie

Sur les racines du drame yougoslave, on peut lire le livre passionné de l'universitaire Paul Garde : Vie et mort de la Yougoslavie (Fayard).


herodote



:part:
--------------------------------------------------------------
Nathalie



La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui
Article IV - déclaration des droits de l'homme et du citoyen 1789
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Lun 6 Avr 2009 - 09:43    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le forum des p'tits belges Index du Forum -> LE COIN DES CHRONIQUEURS -> Articles Culturels -> Histoire et Biographies Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2017 phpBB Group
 

^^( Design & Theme par kenzo5 )^^