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Génocide au Rwanda

 
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Eilahtan
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MessagePosté le: Lun 6 Avr 2009 - 11:12    Sujet du message: Génocide au Rwanda Répondre en citant

Le 6 avril 1994, le président-dictateur du Rwanda, Juvénal Habyarimana, est tué dans un attentat contre son avion personnel. Ses fidèles de la majorité hutu entreprennent aussitôt le massacre de la minorité tutsie(10% de la population) et des hutus modérés.

En trois mois, 800.000 innocents sont massacrés à coups de machette. C'est l'un des génocides du XXe siècle, défini comme tel par l'ONU, comme le génocide arménien et le génocide juif.

La fuite de très nombreux réfugiés et militaires vers les pays voisins entraîne la déstabilisation complète de l'Afrique des Grands Lacs. On estime que la succession de conflits issus de ce drame est à l'origine de plus de quatre millions de morts au Rwanda, au Burundi et surtout en République démocratique du Congo (RDC ou Congo-Kinshasa, ex-Zaïre, ex-Congo belge). En 2006, l'insécurité y fait encore plus de mille morts par jour d'après Amnesty International...


Le pays des mille collines



Le drame rwandais a surpris par son ampleur mais il était hautement prévisible dans ce pays accoutumé aux explosions de violence.

Le Rwanda (capitale : Kigali) et son frère jumeau le Burundi (capitale : Bujumbura) sont deux pays atypiques en Afrique... et sans doute seraient-ils encore méconnus de la plupart d'entre nous s'il n'y avait eu le drame de 1994.

Ils sont moins étendus que la Bretagne mais trois à quatre fois plus peuplés (environ 27.000 km2 et 9 millions d'habitants chacun).

Gardien et zébu Leur isolement au coeur du continent noir, sur des hauts plateaux volcaniques, leur a permis d'échapper dans les temps anciens à la traite arabe et à la traite européenne.

Cela, ainsi que la douceur du climat et la fertilité du sol, explique une densité de population très élevée.

En 1885, à la conférence de Berlinsur le partage de l'Afrique, les Allemands mettent la main sur les deux royaumes sans qu'aucun Européen y ait encore mis les pieds ! Le premier sera le comte von Götzen en 1894.

Les colonisateurs s'en tiennent à une présence symbolique. Ce n'est pas le cas des missionnaires catholiques, les Pères blancs, qui convertissent avec succès les habitants. Après la Première Guerre mondiale, l'Allemagne, défaite, doit céder ses droits sur le Rwanda et le Burundi à la Belgique, qui possède déjà l'immense Congo voisin.

Clivages sociaux

Les habitants du Rwanda et du Burundi appartiennent au même groupe de population, la tribu des Banyaruandas, ainsi que l'explique Ryszard Kapuscinski, l'un des meilleurs connaisseurs de l'Afrique. Ils parlent des langues de la même famille, non compris le français, langue officielle, et l'anglais, que commencent à pratiquer les dirigeants.

La seule division qui traverse ces pays - mais elle est de taille - est sociale.

Depuis des temps immémoriaux, les Banyaruandas sont divisés en trois groupes que Ryszard Kapuscinski assimile à des castes:

– les éleveurs de bétail ou Tutsis (environ 14% de la population du Rwanda en 1994),

– les agriculteurs ou Hutus (85% de la population),

– les domestiques ou ouvriers, ou Twas (1% de la population) ; d'aucuns voient dans ceux-ci les derniers représentants de chasseurs pygmées.

Jusqu'au milieu du XXe siècle, le Rwanda, que l'on surnomme joliment le «pays des mille collines», vit donc replié sur lui-même avec à sa tête un monarque, le mwami, entouré d'une nombreuse noblesse.



Le mwami ou roi du Rwanda entouré de ses conseillers (époque coloniale)

Le roi et les nobles sont Tutsis. Ils tirent leur richesse et leur fierté de leurs troupeaux. Ils obtiennent de leurs bêtes leur nourriture (lait et sang) et les louent à l'occasion aux agriculteurs hutus pour les travaux et la fumure des champs.

A la fin du XIXe siècle, en Europe, quelques esprits fumeux voient dans ces divisions, que l'on retrouve plus ou moins partout au sud du Sahara, l'héritage de lointaines migrations de peuples à peau claire venus du Nord, les Nilotiques(Peuls, Touaregs, Maures, Tutsis...), qui auraient subjugué les peuples à peau noire (les Bantous).

Cette thèse conforte l'idée d'une supériorité de la race blanche sur les autres. Elle est inspirée par les théories scientistes alors à la mode dans les élites «progressistes», en rupture avec l'universalisme chrétien.

La «Toussaint rwandaise»


Les colonisateurs belges s'appuient sur les Tutsis pour l'administration du royaume. Dès 1931, l'état-civil distingue les Tutsis des Hutus au Rwanda comme au Burundi. Les cartes d'identité font mention de l'appartenance de chacun.

Dans les années 1950, la situation se gâte du fait, en particulier, de la pression démographique.

En quête de pâturages supplémentaires, les éleveurs tutsis grignotent les champs des agriculteurs hutus. Plus instruits que ces derniers, ils en viennent à réclamer l'indépendance dans le dessein de consolider leur suprématie.

Les colonisateurs s'inquiètent de leurs prétentions. Ils jugent l'indépendance prématurée et, pour la différer, encouragent les revendications hutues.

C'est ainsi qu'en mars 1957 est publié le Manifeste des Bahutu par un Comité des 9 (parmi lesquels Kayjibanda et Habyarimana, futurs présidents du pays). Les protestataires ressortent à cette occasion le mythe selon lequel les Tutsis seraient des intrus venus de la région du Nil... et les invitent à y retourner !


1959 : premier massacre de Tutsis au Rwanda


La tension débouche le 1er novembre 1959 sur une révolution sociale, la première et la seule qu'ait connue le continent noir. Les paysans armés de machettes assaillent les Tutsis, brûlent leurs fermes et tuent leur bétail, se repaissant de viande pour la première fois de leur vie !

Cette «Toussaint rwandaise» se solde par des dizaines de milliers de morts. Un nombre équivalent de Tutsis se réfugient dans les pays voisins (Ouganda, Congo, Burundi). Ils s'installent dans des camps, au pied des hauts plateaux rwandais, dans la nostalgie de leurs pâturages et de leurs troupeaux.

C'en est fini de la suprématie tutsie au Rwanda. L'année suivante, le roi est déposé par les Belges. Le 1er juillet 1962, enfin, la république du Rwanda devient indépendante (de même que le royaume du Burundi, où s'est maintenue la suprématie tutsie).

1963 : deuxième massacre de Tutsis au Rwanda


En décembre 1963, des Tutsis tentent un retour en force au Rwanda depuis leurs bases du Burundi. La répression est terrible. Une nouvelle fois, des dizaines de milliers de Tutsis sont assassinés, y compris les derniers ministres tutsis du gouvernement. D'autres fuient et rejoignent les camps des pays voisins...

1972 : premier massacre de Hutus au Burundi


Au Burundi, où une dictature militaire a succédé à la monarchie, ne voilà-t-il pas que les Hutus tentent de suivre l'exemple rwandais. Ils se soulèvent en 1972 et assassinent quelques milliers de Tutsis. L'armée réplique avec brutalité. 100.000 Hutus sont à leur tour massacrés.

Dans un tragique mouvement de balancier, plusieurs centaines de milliers de Hutus se réfugient au Rwanda. Leur afflux déstabilise le pays.

Le 5 juillet 1973, le président Grégoire Kayjibanda, un modéré, est déposé par le général Juvénal Habyarimana, partisan de la manière forte. Le pays est mis en coupe réglée par le clan familial du dictateur, de sa femme Agathe et de ses beaux-frères.

Notons qu'au Burundi, en août 1988, des paysans hutus se soulèvent à nouveau et à nouveau se font massacrer (20.000 morts «seulement»). Ce massacre, comme les précédents, passe pratiquement inaperçu de l'opinion mondiale, en butte à bien d'autres soucis.

1972 : premier massacre de Hutus au Burundi


Au Burundi, où une dictature militaire a succédé à la monarchie, ne voilà-t-il pas que les Hutus tentent de suivre l'exemple rwandais. Ils se soulèvent en 1972 et assassinent quelques milliers de Tutsis. L'armée réplique avec brutalité. 100.000 Hutus sont à leur tour massacrés.

Dans un tragique mouvement de balancier, plusieurs centaines de milliers de Hutus se réfugient au Rwanda. Leur afflux déstabilise le pays.

Le 5 juillet 1973, le président Grégoire Kayjibanda, un modéré, est déposé par le général Juvénal Habyarimana, partisan de la manière forte. Le pays est mis en coupe réglée par le clan familial du dictateur, de sa femme Agathe et de ses beaux-frères.

Notons qu'au Burundi, en août 1988, des paysans hutus se soulèvent à nouveau et à nouveau se font massacrer (20.000 morts «seulement»). Ce massacre, comme les précédents, passe pratiquement inaperçu de l'opinion mondiale, en butte à bien d'autres soucis.
François Mitterrand s'invite dans le conflit

Dans les années 1980, l'Afrique noire connaît un regain de troubles.


L'Ouganda, pays anglophone au nord du Rwanda, est soumis à la dictature sanglante de Milton Obote après celle d'Idi Amin Dada. Un opposant, Yoweri Museveni, lève des troupes et recrute massivement des réfugiés tutsis de la deuxième génération. Beaucoup d'entre eux, devenus des officiers aguerris, sont à ses côtés lors du défilé de la victoire à Kampala, capitale de l'Ouganda, en janvier 1986.

Ces Rwandais de la diaspora sont plus que jamais décidés à récupérer la terre de leurs ancêtres. Ils fondent avec Paul Kagamé le Front Patriotique Rwandais (FPR) et, dans la nuit du 30 septembre 1990, quittent leurs casernes et pénètrent au Rwanda.

C'est l'affolement à Kigali, dans le clan Habyarimana, où l'on commence à faire les valises...

«Les partisans peuvent arriver dans la capitale en un ou deux jours. C'est sans doute ce qui se serait passé, car l'armée de Habyarimana n'oppose aucune résistance», écrit Ryszard Kapuscinski (Ébène). «Peut-être l'hécatombe de 1994 aurait-elle été évitée, s'il n'y avait eu ce coup de téléphone : un S.O.S. adressé par le général Habyarimana au président Mitterrand».

A Paris, depuis la chute du Mur de Berlin, la diplomatie française est aux abois. Le président Mitterrand n'est plus perçu comme un partenaire incontournable par les Allemands, les Américains, les Soviétiques,...

Et voilà que des gens venus d'une ancienne colonie anglaise, l'Ouganda, voudraient renverser le gouvernement légitime d'un pays francophone, le Rwanda ! Circonstance aggravante : le fils Habyarimana est un ami personnel de Jean-Christophe Mitterrand, fils aîné du président français, surnommé par les Africains «Papamadit»...

Il n'en faut pas plus pour que débarquent à Kigali quelques centaines de parachutistes. Nom de code : Noroît.

Les Français se font accompagner de quelques Belges mais aussi de soldats du Zaïre (ou Congo) voisin, pour atténuer l'aspect néocolonial de l'opération. C'est du pain bénit pour le dictateur discrédité du Zaïre, Mobutu, qui retrouve un peu de crédit sur la scène internationale.

Paul Kagamé ne se soucie pas d'affronter la France et interrompt sa marche en avant... A Kigali, pour éviter que les Français ne repartent trop vite, on simule un combat avec le FPR dans la nuit du 4 octobre 1990 !

L'attente

Une grande partie des Hutus, y compris et surtout la classe dirigeante, ne cachent plus leur souhait d'en finir et de massacrer ce qui reste de Tutsis dans le pays.

En prévision de l'ultime affrontement, que chacun sait inéluctable, le «Hutu Power» du dictateur forme dans tous les villages une milice hutue, les Interhamwe, ce qui signifie «Frappons ensemble».

Habyarimana porte aussi les forces armées rwandaises (FAR) de 5.000 à 35.000 hommes. Tandis que les militaires belges rentrent chez eux, leurs homologues français doivent suppléer à tous les niveaux aux défaillances de cette troupe de bric et de broc.

Les combats reprennent en juillet 1992 au nord du pays et, en février 1993, Paul Kagamé procède à une «épuration ethnique» dans la zone tenue par ses troupes. Des centaines de milliers de Hutus sont chassés vers Kigali.

Sur les routes qui mènent à la capitale, les troupes françaises doivent elles-mêmes procéder à des barrages filtrants en ne laissant passer que les Hutus. La radio des Mille Collines lance de premiers appels au meurtre des Tutsis, qualifiés de «cancrelats». A Paris, on commence à se rendre compte du danger et l'on décide de passer le relais à l'ONU.

Sous la pression de celle-ci, Habyarimana crée le poste de Premier ministre et le confie le 17 juillet à une Hutue modérée, Agathe Uwilingivimana. Le 4 août suivant, à Arusha, capitale de la Tanzanie voisine, les frères ennemis concluent la paix.

En octobre 1993, le Conseil de Sécurité crée la Mission d'Assistance des Nations Unies au Rwanda (MINUAR) et déploie 2500 Casques bleus pour faire respecter les accords d'Arusha. Les militaires français, à l'exception d'une poignée de gradés, peuvent enfin se retirer en décembre 1993.


Le cauchemar

Le 4 avril 1994, à Arusha, a lieu la signature définitive des accords de paix, qui prévoient le partage du pouvoir et l'intégration de Tutsis dans l'armée. A Kigali comme dans le camp de Paul Kagamé, beaucoup grincent des dents en regrettant d'être ainsi privés de leur victoire...

Deux jours plus tard, l'avion qui ramène le président Juvénal Habyarimana et son homologue burundais est touché par deux missiles peu avant d'atterrir à Kigali. Les passagers et les pilotes, des militaires français, sont tués. Le cauchemar commence.

Dès le lendemain, les militaires massacrent la Premier ministre et les dix Casques bleus belges chargés de sa protection. Sont aussi massacrés les opposants hutus modérés. Le clan Habyarimana et les extrémistes du «Hutu Power» mettent en branle le plan auquel, semble-t-il, ils songeaient depuis longtemps. Rien moins que l'extermination des Tutsis (et des Hutus modérés).

Pas question pour cela de mettre en oeuvre les moyens lourds de l'armée. On fera appel au bon vouloir de chacun, de façon à impliquer tous les Rwandais dans le crime ! C'est ainsi que la radio des Mille Collines multiplie les appels au meurtre et désigne, village par village, les futures victimes.

Les souvenirs anciens, les peurs et les haines transmises de génération en génération guident le bras des assassins. Parmi eux, nombre d'ecclésiastiques prompts à éliminer les Tutsis réputés mauvais chrétiens !

Tandis que les Casques bleus et les étrangers plient bagage en toute hâte, les troupes tutsies du FPR entament leur marche vers Kigali où elles font leur entrée trois mois plus tard, le 4 juillet 1994. Las, l'irréparrable a été accompli avec le massacre de pas moins de 800.000 personnes de toutes conditions.

La France a pu évacuer en catastrophe les principaux chefs du «Hutu Power» responsables du génocide, en particulier la veuve Habyarimana. Taraudée par le remords de n'avoir pas su prévenir le drame, la France lance le 22 juin 1994 l'opération Turquoise en vue de pacifier ce qui peut l'être. 2.500 militaires débarquent à Goma, au Zaïre, puis pénètrent au Rwanda. Ils établissent une «zone humanitaire sûre»dans le sud du pays.

Par centaines de milliers, cette fois, ce sont des Hutus qui fuient la vengeance des Tutsis. Ils se rendent dans la province zaïroise du Kivu et à leur tour vont connaître la désespérance des camps.

Leur cauchemar ne fait que commencer. Ils vont être l'objet de violences sans nom de la part des militaires et des miliciens hutus qui ont profité de l'opération Turquoise pour quitter avec leurs armes le Rwanda. Ils vont poursuivre leurs méfaits au Congo (RDC, ex-Zaïre) contribuant à l'effondrement de ce pays grand comme la moitié de l'Europe et fabuleusement riche en matières premières.

Au Rwanda comme au Burundi, pays surpeuplés parmi les plus pauvres du monde, la paix demeure précaire malgré la présence de ministres tant hutus que tutsis dans les gouvernements.

André Larané.


herodote


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Nathalie



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MessagePosté le: Lun 6 Avr 2009 - 11:12    Sujet du message: Publicité

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Eilahtan
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MessagePosté le: Mer 8 Avr 2009 - 21:01    Sujet du message: Génocide au Rwanda Répondre en citant

Hello

Ceci est mon dernier article culturel.... J'espère que ça vous a plu.. Good Bye

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MessagePosté le: Mer 8 Avr 2009 - 21:28    Sujet du message: Génocide au Rwanda Répondre en citant

Eilahtan a écrit:
Hello

Ceci est mon dernier article culturel.... J'espère que ça vous a plu.. Good Bye


Réflexion Cela nous a plus oui Nat, mais pourquoi ton dernier article culturel
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Eilahtan
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MessagePosté le: Mer 8 Avr 2009 - 22:26    Sujet du message: Génocide au Rwanda Répondre en citant

Hello

pas beaucoup de lecteurs, et c'est un peu de boulot la recherche d'articles etc... idem pour ça s'est passé un jour... alors je préfère passer mon temps à chercher mes futurs jeux... Bisou
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:47    Sujet du message: Génocide au Rwanda

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