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Les infiltrés

 
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Bernard
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MessagePosté le: Dim 9 Aoû 2009 - 19:58    Sujet du message: Les infiltrés Répondre en citant

Les infiltrés

Les modèles étrangers

Pour mettre au point son dispositif d'infiltration, la police judiciaire française s'est inspirée des exemples étrangers.

Canada

Le stage de formation des agents, imaginé à la fin des années 1990, soit bien avant l'entrée en application de la loi Perben II, doit beaucoup à l'expérience de la police canadienne.

Etats-Unis

Quant au FBI, depuis les années 1970, il a poussé très loin ce type de pratiques, laissant au besoin des agents undercover gravir les échelons dans des réseaux criminels. A Paris, on a cependant tenu à se démarquer de la méthode américaine, jugée trop risquée pour la vie du fonctionnaire. (NDLR : Ce qui n'est pas le cas en Belgique dont nos agents undercover ont suivi les cours au FBI)

Europe

Les contacts les plus aboutis se sont déroulés en Europe, au Royaume-Uni notamment. Les Britanniques ont livré quelques-unes de leurs recettes, qui ont fait leurs preuves contre l'IRA ou à l'occasion d'une enquête dans les milieux homosexuels de Londres. Les Espagnols, les Belges et les Allemands ont été également très sollicités.

Du film de Scorsese à la réalité... La PJ forme désormais des «agents dormants» appelés à pénétrer les réseaux criminels ou terroristes. Pour la première fois, ils racontent

Il le confesse volontiers: les polars ne le passionnent guère. «En les regardant, j'ai l'impression de faire des heures supplémentaires», glisse-t-il. Pour le dernier Scorsese, Les Infiltrés, la curiosité l'emportera. L'homme qui accepte exceptionnellement de nous parler - il prévient d'emblée qu'il serait vain de lui demander son nom, son âge ou son parcours professionnel - appartient au Siat, le service interministériel d'assistance technique. L'unité la plus confidentielle de la police judiciaire (PJ): créée il y a deux ans, elle gère les agents infiltrés dans les réseaux criminels ou terroristes…

Se forger une légende, s'inventer un passé, des projets

Cet officier, que nous appellerons «Pascal», fait partie de ces «agents dormants», une quarantaine de policiers, gendarmes et douaniers (le nombre exact reste secret), mobilisables à tout moment. Ils ont été sélectionnés, formés et spécialement habilités pour surveiller, de l'intérieur, les réseaux de trafic de drogue, d'armes, de tableaux, ou encore d'êtres humains. Ils appartiennent à un monde cloisonné, en marge des hiérarchies classiques. «Je ne me rends jamais dans des locaux de police pour ne pas risquer de croiser mes camarades de jeux», assure Pascal.

Pour tous les «infiltrés», le stage constitue le passage obligé avant le plongeon dans le grand bain. Les candidats, des policiers sélectionnés pour leurs compétences, notamment dans les langues étrangères, sont placés en conditions pendant deux semaines. Rendez-vous inopinés, simulacres d'interrogatoire ou achat sans ordonnance de produits de substitution à l'héroïne... Le stagiaire doit s'adapter, sous la surveillance constante de psychologues. L'équilibre personnel joue un rôle prépondérant. Au terme de ce parcours «initiatique», moins de 10% des stagiaires sont adoubés. Ils bénéficient dès lors d'une habilitation spéciale, délivrée par le procureur général de Paris.

Rien d'étonnant donc à ce que le jargon de cette confrérie évoque celui de l'espionnage. L'agent doit se forger une «légende», s'inventer un passé, des amis, des projets. Il lui faut donner une patine à son personnage afin de gommer le profil trop lisse de ses nouveaux papiers. Dans ces conditions, une carte bancaire flambant neuve suffirait à le trahir. «On est loin de ce que l'on décrit habituellement dans les films américains, précise un cadre du Siat. L'agent undercover n'est jamais lâché seul dans la nature. Son rôle s'inscrit dans un scénario très balisé.» Derrière l'infiltré se cache un autre personnage, tout aussi important: son «couvreur», un collègue, qui le suit à distance et rédige la procédure. Il est à la fois son guide et son assurance-vie. Pour des raisons de sécurité, les autres enquêteurs ignorent l'identité de leur «taupe» jusqu'à l'interpellation, voire au-delà.

Les précurseurs de l'infiltration, les policiers des stups, s'étaient eux-mêmes surnommés les «zombies», une allusion à leur apparence physique, qui leur permettait de se fondre parmi les toxicomanes. Ces pratiques, parfois menées au prix d'arrangements avec la procédure, faisaient courir bien des risques aux fonctionnaires. A la fin des années 1990, on resta sans nouvelles d'un policier infiltré dans un réseau marocain pendant quatre longs jours. Il était, en fait, incarcéré à Rabat après avoir été dénoncé.

Depuis le mois de septembre 2004, la loi Perben II et son décret d'application encadrent strictement ces opérations. La législation prévoit que les agents puissent, pour faire tomber le réseau, se faire passer pour «coauteurs, complices ou receleurs» en transportant de la drogue ou en fournissant de faux papiers. Un magistrat du parquet ou un juge d'instruction est chargé de veiller à la légalité du dispositif, qui peut être reconduit tous les quatre mois.

A aucun moment la véritable identité de l'infiltré n'apparaît dans le dossier judiciaire. La loi protège en effet son anonymat, même après la fin de sa mission. «Mais il peut vous arriver de croiser par hasard dans un lieu public quelqu'un que vous avez fait plonger. Il faut savoir improviser sans perdre les pédales», rappelle Pascal, qui a déjà eu à désamorcer ce type de situation délicate, dans un restaurant. Il a su tourner les talons.

Face à ces nouvelles armes de l'accusation, les avocats dénoncent une frontière de plus en plus ténue entre «infiltration» et «provocation». C'est tout l'enjeu de l'une des premières affaires du genre, le «dossier Kibal».

Ancien dealer implanté en Lorraine, Nordine Kibal ouvre une pizzeria à Nîmes (Gard), mais les enquêteurs de la PJ sont persuadés qu'il reste le pivot d'un vaste trafic. En février 2006, trois clients descendent d'une Mercedes dernier cri et dînent bruyamment dans son établissement. Leurs manières ne laissent guère de doute à Kibal: ils appartiennent au monde du banditisme. Après plusieurs virées nocturnes, le pizzaïolo accepte de faire jouer ses relations pour écouler un stock de hasch dans la banlieue de Metz. Il ignore que le trio est en réalité constitué de policiers sous couverture... En avril, le réseau est démantelé et Kibal, arrêté pour complicité de trafic de stupéfiants. Pour l'avocat du suspect, Me Xavier Iochum, «sans l'intervention des policiers infiltrés, l'infraction n'aurait jamais eu lieu». La Cour de cassation, la plus haute juridiction française, a finalement validé le dossier à la mi-novembre. Bien qu'exceptionnelles, les infiltrations sont désormais entrées dans les mœurs judiciaires françaises.


L'Express.fr
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Bernard




J'ai été enfant de choeur et militant socialiste. C'est dire si j'en ai entendu des conneries... (Michel Audiard)
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MessagePosté le: Dim 9 Aoû 2009 - 19:58    Sujet du message: Publicité

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